Le plus dur reste à venir

Dans mon dernier (et premier) article, j’ai tenté de vous dire ce qui a fait de moi une écrivaine. Vous avez pu constater que le chemin est long, difficile, nourri de souffrance. J’ai d’abord écrit pour moi parce que c’était nécessaire , parce qu’il faut bien un exutoire. Et aujourd’hui je m’offre en spectacle à vos yeux comme une larve devenant papillon. Pourvu que je ne devienne pas une mouche…

Parce qu’il est vrai que le plus dur reste à venir. Franchement je vous le dis, j’ignore encore si j’aurai un avenir.  Je sais que je deviens écrivain mais quel écrivain, ça, c’est encore un mystère. Serais- je un de ces écrivains maudits, qui vivra dans la misère toute sa vie et qui connaîtra une gloire posthume? Ou pire, le même écrivain qui ne connaîtra jamais aucune gloire, qui n’obtiendra jamais reconnaissance, que personne ne lira jamais. Toute une vie gâchée pour des torchons de mots. Ou peut être serais-je un écrivain  connu mais qui retombera dans l’oubli aussi vite qu’un soufflé raté. A moins que je n’aie de la chance. Ou alors un talent tel qu’on ne peux pas passer à côté. Ou que je travaille d’arrache pied. On le saura bien assez tôt!

L’écriture. C’est quelque chose de particulièrement difficile. Imaginez cela comme un long accouchement plus ou moins douloureux qui se répète à chaque nouvelle création. Certains ne survivent pas à ces périlleuses naissances. L’univers de l’artiste n’est jamais très distant de celui de la folie. Entre les deux, il n’y a qu’un pas. Et puis il y’a la souffrance, éternelle souffrance inspiratrice, comme s’il fallait mourrir cent fois pour être capable de créer. Revivre en fait. J’entends encore la muse de Musset dire « Rien ne nous rend si grand qu’une grande douleur. Mais pour en être atteint , ne crois pas ô poéte, que ta voix ici bas doive rester muette. Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots. »

Est ce que vous trouvez cela bizarre?

Quoi que vous en pensiez, c’est bien comme ça que cela se passe. Ce n’est pas très joyeux. Ecrire est un plaisir, un plaisir solitaire, mais c’est parfois douloureux. Et encore, s’il n’y avait que ça! Car avant tout il est presque impossible de faire d’écrivain son métier. Rares, très rares sont les bienheureux qui peuvent vivre de l’écriture et vivre bien! La plupart, comme moi, ont une autre activité , un « vrai » métier, qui leur apporte de quoi vivre mais qui les ampute aussi de leur temps si précieux pour écrire. Car écrire, c’est une aventure de longue haleine. On n’écrit pas un roman aussi vite qu’on le lit, ça prend du temps, tellement de temps, parfois des années! Personne ne réalise vraiment ce qu’est le travail d’un écrivain. Cela exige une véritable discipline. Tous les auteurs s’accordent à le dire, il faut de la régularité, de la documentation, de la patience, de la volonté, il faut travailler la langue, le style, l’intrigue, la présentation,  traquer les fautes, les répétitions, les coquilles, les invraissemblances, les contradictions, les lourdeurs et les manques, il faut se lire et se relire, écrire et réécrire jusqu’à atteindre la presque perfection.

Voilà un aperçu de ce que j’ai devant moi.

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