Naissance d’un roman VI: considérations techniques

T: jour 24

Quan on s’apprête à passer à l’écriture se pose la question de la narration , du point de vue , du ton et du style. Il me semble que le ton à adopter s’impose de lui même selon ce que l’on veut raconter et comment on veut le raconter. Cela a déjà été muri pendant la phase du « rêve » , le moment où l’on s’est déjà raconté l’histoire à soi même, dans sa tête. Le style, c’est aussi quelque chose qui s’est construit au fil du temps, au fil des lectures et des précédents écrits. A mon sens, c’est quelque chose qui ne peut pas s’apprendre mais qui devient sien. En revanche, il faut faire des choix sur les plans de la narration et du point de vue à adopter.

Je me suis arrêtée sur ces questions quelques minutes avant de commencer. En général, j’utilisais plutôt le « je » , donnant la parole directement au héros et adoptant naturellement son point de vue. J’aime ce parti prit car le « je » réduit la distance et rend le personnage plus intime, plus proche. L’identification est plus aisée. Cela est vrai pour le lecteur mais aussi pour moi quand j’écris l’histoire. Mais ces derniers temps, j’ai laissé le « je » de côté pour m’essayer à  la troisième personne. Justement parce que je voulais instaurer une certaine distance entre moi et le héros , pour qu’il existe à part entière  presque indépendamment de moi. Pour ne pas être tentée de me confondre en lui comme cela m’arrivais souvent.

J’ai donc choisi la troisième personne pour raconter mon histoire. Le narrateur est  externe et neutre, le « je » n’est pas utilisé sauf dans les extraits du journal d’Emmanuelle parsemés tout au long de l’histoire. Le point de vue que j’ai choisi est interne, c’est celui d’Emmanuelle, mon héroïne. Le narrateur entre dans sa tête, ce qui ne l’empêche pas de parfois « dézoomer » et d’aller voir ailleurs ce qui se passe, mais jamais le narrateur n’entre dans la peau d’un autre personnage qu’Emmanuelle. Quand elle est absente de la scène, le narrateur est comme un témoin externe qui voit tout, sorte d’ Oeil invisible , mais il ne peut pas savoir ce qui se passe dans leur tête.

J’ai failli oublier la question du temps. Présent ou passé? Personnellement j’ai beaucoup de mal à écrire au présent quand j’utilise la troisième personne. En revanche avec le narrateur interne qui dit « je », c’est beaucoup plus naturel. De toute façon pour raconter cette histoire je n’avais pas d’autre choix que d’écrire au passé puisque que mon héroïne a elle même écrit un livre dans lequel elle raconte son histoire (mise en abîme en quelque sorte –  cet élément est important dans l’ histoire , mais on ne découvre pourquoi qu’à la fin)

Quel que soit  les choix que l’on fait, l’important est de s’y tenir tout au long du récit. Ne pas passer au présent au milieu du livre quand on a écrit tout le reste au passé, ne pas se mettre à dire  « je  » quand on a écrit le reste à la troisième personne. Cela parait peut être évident mais pourtant, si on y fait pas attention, il arrive de dévier sans même s’en rendre compte. Je le sais puisque cela m’arrive parfois (pas plus tard qu’hier!) .

Publicités
Catégories : Naissance d'un roman | Étiquettes : , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

Navigation des articles

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :