Je ne veux plus pleurer.

Le rideau est tombé. Il fini toujours par tomber. La pièce est finie. Retour à la vraie vie.

La solitude me colle à la peau! D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie seule. Elle est comme un fantôme qui me hante, un vieux démon qui me possède et qui, je le sais désormais, ne me quittera jamais. Et ce n’est pas la présence physique de gens autour de moi qui peut y changer quelque chose, même si pendant un temps j’ai voulu le croire. J’ai cru pouvoir m’appuyer sur une autre épaule. J’ai cru que pour une fois, d’autres gens s’occuperaisentde moi. J’ai cru que l’on pouvait m’aimer entièrement, avec cette solitude aussi, avec mes faiblesses aussi, j’ai cru pouvoir les montrer sans honte et sans retenue. Je me suis trompée. Je realise que mon attente est ne peux pas etre comblée, mon exigence satisfaite , ni mon vide rempli.

Je me sens affligée ce soir. Terriblement. Je suis tellement lasse. Je me débats depuis toujours dans ce monde ingrat avec la certitude qu’un jour il sera meilleur et qu’il est de mon devoir de faire ce que je peux pour que cet espoir finisse par exister. Je me suis toujours débattue avec force et courage, avec conviction, avec des étoiles dans les yeux! On me disait que je rayonnais. Je rayonnais alors davantage. Je déversais mon amour sur le monde! Je n’ai jamais tourné le dos à quelqu’un en souffrance, je n’ai jamais ignoré un clochard qui m’adressais la parole, en vérité j’ai tant donné de moi! De moi, de ma personne, de mon coeur, de mon énergie, de tout. J’ai le soucis de l’Autre. La sensibilité de l’Autre.  Même quand l’Autre est inconnu. Je pleure devant l’image qui me hante du SDF assassiné dans son sommeil, comme ça, comme s’il n’était rien, comme s’il n’existait pas. Je pleure devant la violence et la haine. Elles me sont insupportable. Elles me touchent même lorsqu’elles sont anciennes, même quand elles sont loin de moi, même quand elles ne me concernent pas. C’est affreux. Alors moi je suis là, je tente de les effacer avec tout mon amour et toute ma force, je n’ai pas le choix, c’est comme ça que je suis. Je ne sais pas être autrement. Et c’est autant de claques que je me prends.

Arrive un jour où je ne peux plus. Un jour où je sens la force me quitter. Un jour où j’ai besoin qu’à mon tour on prenne soin de moi, pour me reposer, un peu. Me dire que je peux compter sur les autres, comme les autres ont toujours pu compter sur moi. Et c’est là que le rideau tombe.

Je me dis que peut être, mon exigence est trop forte? Mais c’est parce que moi je suis trop entière, trop gentille, trop généreuse, trop amoureuse de la Vie et du Monde d’une façon totale et fidèle, a tel point qu’il m’est impossible de recevoir moi, une seule petite personne, tout ce que j’ai pu donner. Je ne dois pas y compter. Il ne faut rien attendre des autres, et jamais rien attendre en retour de ce que l’on offre. J’ai été sotte de le croire pendant cet instant de ma vie. Et je comprends que la majorité des gens se soient fermés, qu’ils en arrivent à ne plus regarder , à ne plus se soucier, à devenir égoïstes.

Je sais au moins que je ne suis pas la seule dans ce cas, si vous lisez Aglae. Son billet m’a touché comme s’il parlait de moi.

« Je donne plus d’importance aux gens qu’ils ne m’en donnent. Je m’attache à eux comme ils ne s’attacheront jamais à moi. Je devrais savoir, pourtant, que je m’expose aux blessures, en oubliant que l’intensité n’est pas toujours égale et partagée. »

Quelque part, ça me redonne un peu de courage. Je ne veux plus pleurer.

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Une réflexion sur “Je ne veux plus pleurer.

  1. El Luchador

    Le monde est sombre et injuste.

    Les gens sont tellement absorbés par leurs désirs égoïstes qu’ils ne se rendent pas compte de la personne souffrante à coté de eux.

    Ton exigence n’est pas trop forte, elle est logique et compréhensible. Malheureusement, elle n’est pas à la portée de tout un chacun.
    Ce qui est encore plus énervant c’est qu’ils ne se rendent pas compte de leurs propre égoïsme.

    Le monde ne changera jamais, il est ce qu’il est. Mais ta façon de le percevoir peut changer. Tu peux l’accepter pour tous ses défauts et toutes ses qualités. Comme tu le ferais pour un être cher, voir même un animal de compagnie.

    Sache que tu n’es pas seule, que d’autres aussi donnent à n’en plus finir, et sont déçus quand les gens s’en foutent. Quand ils dévorent tout ce qu’on leur donne, et qu’ils ne rendent rien du tout en retour.

    Cette souffrance est un immense poids à porter, mais elle n’est pas permanente, et tu arrêteras de pleurer un jour, tu verras!

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