La plus grande révolution scientifique du XXIe siècle…

Tellement de questions demeurées sans réponses

Les philosophes se sont depuis longtemps penchés sur la question de la Nature Humaine. Depuis longtemps aussi, les Hommes tentent de comprendre ce qu’ils sont vraiment, ce qui les distingue des animaux.  Le langage peut être? La technique? L’art? La culture? Qui sommes nous, au fond, nous les Hommes? Pourquoi sommes nous à la fois si semblables et si différents? Pourquoi ne sommes nous pas d’accord les uns avec les autres, pourquoi est-ce si difficile de comprendre une culture différente, pourquoi ne voyons nous pas les choses de la même façon alors que la réalité est la même pour tous, pourquoi est-ce si difficile de changer au fur et à mesure que nous vieillissons, pourquoi est-il si dur de changer ses habitudes, pourquoi?

Chacun de nous s’est fait son idée sur ces questions. Aujourdhui nous avons la réponse est elle est absolument fascinante.

Et elle m’enchante cette réponse, car aujourd’hui je peux prouver que j’ai raison d’être idéaliste, que l’Homme peut être bon, que l’avenir peut être beau, que les perspectives sont infinies. Aujourd’hui je peux prouver aux racistes qu’ils on tord même quand eux aussi s’appuient sur des découvertes scientifiques comme celles de la « nouvelle génétique » . Car comme je le disais dans un autre billet, les gènes sont bien loin de tout expliquer de nous et surtout, bien loin de nous « fixer » .  Nous ne naissons pas « finis », chaque homme est en pérpetuel devenir, inscrit dans le changement qui se produit en lui à chaque nouvelle rencontre, chaque nouvelle expérience, chaque nouvelle émotion… Même nos pensées nous changent. Même elles sont importantes, quand bien même elles n’induiraient pas une action. Pourquoi les gens positifs vivent-ils plus longtemps? Pourquoi des personnes guérissent « miraculeusement » alors que leur état n’offrait aucun espoir? Pourquoi un homme paralysé se remet à marcher? Pourquoi une femme qui naît sans hémisphère gauche ne devient pas pour autant « débile mentale »?

Certains avaient déjà la bonne réponse

Réponse à toutes ces questions, celles là et celles posées plus haut: la plasticité cérébrale. Une découverte ahurissante, bien qu’elle avait déjà été intuitivement comprise il y’a longtemps par certains penseurs et par des voyageurs et anthropologues:

« Dès 1762, J.J. Rousseau, très critique vis à vis des théories mécaniques de son temps, soutient que la nature humaine est un organisme vivant, possédant une histoire et susceptible d’évoluer dans le temps. Le système nerveux n’est pas comparable à une machine écrit-il, il est vivant et mouvant. (…) Son projet de société est fondamentalement basé sur l’idée que l’homme est en devenir constant. (…) En nous comparant avec d’autres espèces , il fait ressortir ce qu’il appelle la « perfectibilité » humaine, un néologisme à l’époque, et décrit les qualités de renouvellement et d’adaptation permanents qui distinguent l’homme de l’animal. (…) Sa philosophie est optimiste mais prudente. Il sait que la perfectibilité à son revers. (…) Rousseau est plus relativiste qu’Aristote qui pensait qu’il existait un développement idéal ou « parfait ».  (…) Il sait que la perfection n’existe pas et que nos idéaux sont fluctuants. Que la nature humaine et le cerveau soient capables de s’améliorer  a quelque chose de réjouissant, mais cela ne peut pas masquer les problèmes moraux, philosophiques et politiques qui en découlent ».

Condorcet ( 1743-1794) , philosophe et mathématicien , acteur et penseur majeur de la Révolution Française écrivait : « La Nature n’a marqué aucun terme au perfectionnement des facultés humaines (…), la perfectibilité de l’homme est réellement indéfinie ».  Thomas Jefferson, futur président des Etats Unis à l’époque affirme  » Je suis de ceux qui pensent du bien de la nature humaine en général. Je crois aussi, avec Condorcet, que l’esprit humain est perfectible à un degré aujourd’hui inconcevable ».

Qu’est ce que la plasticicité cérébrale?


C’est un phénomène complexe , comme tout ce qui touche à notre cerveau qui nous réserve encore bien des mystères, mais cela peut être expliqué simplement.

Lavoisier a écrit: « L’homme naît avec des sens et des facultés [avec un patrimoine génétique], mais il n’apporte avec lui en naissent aucune idée, son cerveau est table rase qui n’a reçu aucune impression, mais qui est préparée à en recevoir ».  Pour se faire, nous avons un outil: la neuroplasticité. Elle est une faculté du système nerveux à se réorganiser lorsqu’il subit un changement. Comment cela est-il possible?

 » Dans le cerveau, il y’a environ cent milliard de neurones. Ils sont reliés entre eux sous forme de réseaux par leurs prolongements, qu’on appelle les axones. Au fond cela revient à imaginer une grosse ville: les neurones sont des maisons, les synapses leurs portes d’entrées et les axones sont les voies de communiation qui permettent d’aller de maison en maison ». C’est la transmition synaptique. Ce sont ces réseaux ou ces voies de communication qui peuvent se réorganiser.

Quand vous avez pris une habitude quotidienne, qu’elle soit bonne ou mauvaise, il devient difficile d’en changer car dans votre cerveau des connexions se sont crées et renforcées par la répétitivité de cette action. C ‘est par la force de la volonté que l’on parvient à modifier ces habitudes, et donc, les connexions dans notre cerveau. Si vous cessez de pérpetuer une habitude bien ancrée (ce qui est difficile au début) , petit à petit la voie de communication dans votre cerveau lié à cette habitude va se restreindre et même disparaître. C’est comme avec les langues étrangères: si on ne les pratique plus, petit à petit, on perd ces langues, on les oublie. Dites vous que cela vaut pour pratiquement tout: vos pensées, vos émotions, vos actions, vos facultés intellectuelles comme physiques. Aussi, lorsqu’on a des habitudes de pensée négatives (voir le verre à moitié vide, se dire que l’on est incapable d’une chose ect..) et bien dans notre cerveau des connexions s’établissent par rapport à ces pensées qui vont agir sur notre façon d’être, de percevoir le monde, sur nos choix , sur notre capacité de rétablissement lors d’une maladie ou de réussite même dans un projet. C’est pourquoi les gens heureux, positifs, optimistes, vivent plus longtemps que les autres et en meilleure santé (je repense à documentaire sur ARTE où le journaliste demande aux vieux quel est leur secret pour être en si bonne santé à leur âge, ils ont tous répondu, alors qu’ils ne se connaissaient pas: « je suis une personne heureuse, j’ai la joie de vivre » ou encore « j’ai toujours été positif, optimiste, ça aide » ect… )

Quelles applications pour cette découverte?

C’est là que ça devient vraiment intéressant. Dans le domaine de la santé, cette découverte permet de guérir des maladies et de handicaps que l’on considéraient irréversibles.  Si vous lisez « Les étonnants pouvoir de transformation du cerveau par Norman Doidge (2008), et si vous regardez le documentaire diffusé sur ARTE du même nom que le livre, vous aurez une petite idée des possibilités qu’ouvrent cette découverte: l’homme atteint d’une attaque cérébrale qui recouvre toutes ses facultés, une femme incapable de se tenir debout retrouve l’équilibre, des aveugles retrouvent en partie la vue, un homme paralysé du bras droit peut de nouveau l’utiliser … Vous verrez, c’est tout simplement étonnant, à une autre époque on aurait parlé de miracle. Je pense qu’il y’a aussi des applications sur le plan psychologique, je suis sûre que le livre en parle mais je n’ai pas fini de le lire.

Cette découverte a des applications à l’échelle de l’individu aussi:  chacun peut se changer, modifier son cerveau.  Il est vrai que plus l’on vieilli, plus il est difficile de changer, mais en aucun cas impossible: tout dépend de la force de notre volonté. Garder à l’esprit que même chaque pensée compte, que ces pensées , associée à la force de notre volonté peuvent nous aider à perdre de mauvaises habitudes et à en prendre de bonnes, à devenir heureux et positif, à être en meilleure santé, à vivre plus longtemps et mieux, à repousser les limites de nos possibilités car « nous n’avons de limites que celles de notre imagination ».  Aujourd’hui, cette affirmation n’est plus qu’une théorie à laquelle on adhère ou pas, elle est vraie. Maintenant que vous le savez, vous n’avez plus d’excuses! ^^

De l’importance de l’environnement culturel

Cette découverte explique pourquoi il existe chez les hommes des visions du monde différentes alors que la réalité est la même pour tous. Elle démontre le rôle fondamental de l’éducation et de son environnement familial et culturel dans la construction de l’individu : « La culture détermine sans doute plus qu’on ne l’imagine ce que nous pouvons ou ne pouvons pas percevoir » et j’irai même plus loin en ajoutant  » et la façon dont on conçoit le monde ». En effet, « des cultures différentes interprètent le monde différemment », comme le démontrent les études en ethnologie , sociologie, et psychologie.

 » Dans l’enfance, notre cerveau est aisemment façonné d’après les impressions qu’il reçoit du monde alentour. Les structures neuropsychologiques qui se développent alors incluent des sillages ou des représentations qui forment le socle neuronal de toutes nos perceptions, de toutes nos croyances, jusqu’aux idéologies les plus complexes. Comme il est de règle avec tous les phénomènes neuroplastiques, ce canevas cérébral tend à se renforcer avec la répétition, et il fini par s’autoentretenir. Au fur et à mesure que nous avançons en âge et que la plasticité décline, il  nous est de plus en plus difficile de modifier nos réactions à notre entourage et au monde. (…) Les recherches montrent que nous avons tendance à préserver les structures existantes, et quand il y’a inadéquation entre ces réseaux neurocognitifs internes et le monde, eh bien, c’est le monde qu’il cherche à changer , pas lui. (…) Mais ce processus, poussé à l’extrème, amène souvent des communautés entières à tenter d’imposer leur point de vue à d’autres cultures. Leurs membres peuvent alors devenir violents, surtout dans le monde moderne où la globalisation à rapproché des cultures autrefois séparées, ce qui exacerbe le problème. « 

Pour éviter que cela ne soit un problème, c’est l’éducation qui est la réponse. On peux apprendre aux gens , comme moi je l’ai appris , que nos différences sont une richesse car elles ouvrent les horizons de notre esprit, que la pensée et la culture de l’autre peuvent m’être difficile à comprendre mais qu’elles ne valent ni plus ni moins que les miennes, que vouloir imposer sa culture à l’autre est une entreprise insensée et est finalement le résultat d’un déclin de la plasticité cérébrale, en d’autres termes ici, d’une fermeture d’esprit. Car c’est exactement ça. D’ailleurs, si on en croit le principe de la neuro-plasticité, plus on s’ouvre à l’autre et aux différences, plus on se confronte à des points de vue différents du notre, eh bien plus nos connexions cérébrales se multiplient. Quand je parlais « d’enrichissement » par l’ouverture sur nos différences, je ne savais pas à quel point s’était vrai, et cet enrichissement se fait concrètement dans notre cerveau!

Le meilleur et le pire


Hitler comme Gandhi l’avaient compris. Deux desseins opposés, deux échecs, mais ils ont bien failli réussir.

Aujourd’hui je sais que j’avais raison de croire que le pire comme le meilleur était en nous, qu’il n’y a pas de nature humaine, que tout ou presque était possible. Cette découverte ouvre des horizons infinis pour nous, elle démontre que l’homme peut changer pour le meilleur, que nous avons tous les moyens en nous pour créer un monde différent , un monde… idéal. Le problème, c’est que l’inverse est vrai aussi. Car les régimes totalitaires eux, semblent avoir bien compris le principe de la plasticité cérébrale avant même qu’on pose un nom sur ce phénomène, à en juger par l’embrigadement systématique de la jeunesse soumise à un véritable lavage de cerveau par l’endoctrinement. Les résultats sont… terrifiants. Mais vous le savez bien. Nous avons l’exemple du nazisme en Europe, avec les jeunesses Hitlériennes, le communisme soviétique russe avec les jeunesses communistes, ou un exemple actuel avec la Corée du nord qui immerge dès l’age de deux ans les enfants dans le culte de l’adoration du dictateur:  « Si exaltant soit-il, l’idéal de perfectibilité humaine a aussi son côté sombre. Les régimes totalitaires et les tyrannies en donnent la preuve », nous sommes vulnérables, facilement « modifiables » à souhait.

« Au fur et à mesure que les idées liées à la plasticité se répandent, il serait sage de rappeler que c’est un phénomène ambivalent, qui peu avoir de bons et de mauvais effets, mener à la rigidité  comme à la flexibilité, à la servitude comme à la liberté ». Seul le temps pourra dire quels auront été nos choix.  Mais désormais nous savons que la fatalité n’a pas sa place, elle est une mauvaise excuse. C’est à nous de donner sa direction à l’avenir , c’est à nous de ne pas nous tromper de changement, à nous de bien éduquer nos enfants pour qu’ils mènent nos descendants à la flexibilité et à la liberté … et non pas à la rigidité et à la servitude.


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7 réflexions sur “La plus grande révolution scientifique du XXIe siècle…

  1. Pingback: Noir tu es, bête et pauvre tu resteras « Le poids de ma plume

  2. Jane Doe

    Voilà un article fort intéressant. J’attends qu’il soit corroboré avec les recherches archéologiques, prouvant que les hominidés n’étaient pas nécessairement guerriers à « l’état de nature ». Ainsi, il sera historiquement et même préhistoriquement prouvé que nous sommes garants de notre neuro-plasticité, et que la paix n’est pas une vue de l’esprit 😉 Et aura lieu un des big bangs que j’attends dans les sciences humaines.

    Bonne continuation.

    • Merci 🙂

      Il est rare qu’on me rejoigne sur « mes » idées , alors je suis toujours heureuse le peu de fois où ça arrive. Je ne suis pas informée de ces recherches en préhistoire, avez vous des références à me communiquer?

  3. Marc-André

    Ces questions ne sont pas scientifiques, bien qu’intéressantes…

    • Oui, d’après un ami étudiant en neurosciences, le contenu de cet ouvrage n’est pas complètement faux, mais à prendre avec des pincettes. L’auteur lui même n’est pas spécialiste, il est psychologue, et il semblerait qu’il aille un peu trop loin dans l’interprétation des données scientifiques.

  4. François

    Bonjour, j’ai lu avec attention cet article sur ce sujet qui me tiens à cœur. Je trouve que tes questions sont très intéressantes mais je pense que l’on oubli le sens profond de l’homme, de l’humain, et plus généralement de l’humanité. Le cerveau et ses neurones fonctionnent peut-être techniquement comme une machine mais c’est une réduction bien occidentale que de catégoriser le champ de conscience, des émotions dans la seule catégorie spatiale du cerveau et des ses interactions neurochimiques et électriques.
    Je trouve que ton article pose une question intéressante, mais je crois que les neurosciences ne sont pas la grande révolution scientifique du XXI siècle, nous ne sommes qu’en 2011.
    Voici un article d’un philosophe-anthropologue qui pose la question d’un façon que je trouve très saillante.

    http://www.societasethica.info/documents/cfp2008/Romagnoli_Abstr_SE_08.pdf

    Bonne continuation à toi, salutations 🙂

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