De le difficulté à écrire un premier roman

Si vous avez lu mon dernier article sur la question de l’originalité, vous savez déjà que après une longue pause dans l’écriture de mon roman, j’ai fini par y revenir. Et par tout jeter. Pour tout recommencer! Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive à vrai dire. Je savais depuis longtemps que ce n’était pas chose facile que d’écrire un roman, surtout un premier roman,  mais aujourd’hui c’est plus que ça, je le vis, je ressens cette difficulté. Mais surtout je me suis rendue compte de mes erreurs, j’ai compris ce qui n’allait pas dans ma manière de faire, pourquoi je ne finissais jamais mes romans, pourquoi j’avais, aussi, du mal à être originale. Si vous êtes vous aussi en train d’essayer de pondre votre premier roman, je pense que ce billet va vous intéresser, car il pourra vous éviter les mêmes écueils que ceux que j’ai connu, et qui m’ont fait perdre beaucoup de temps. Et cependant, on ne perd jamais vraiment son temps a essayer, même quand on se trompe, même quand c’est mauvais, parce que ça nous laisse le temps de mûrir et c’est plein d’enseignements! Voilà pourquoi il ne faut pas désespérer et s’armer de patience et de volonté pour écrire son premier roman, quand on ne sait pas trop comment s’y prendre, quand on est pas trop sûr de soi… tout ce que l’on risque c’est de s’améliorer 😉

Comme vous le savez si vous avez un peu parcouru ce blog, sinon ce n’est pas grave je vais vous le dire tout de suite, je suis une personne très sensible à l’injustice, et très remontée contre l’absurdité de notre monde. Ainsi depuis quelques années déjà, il m’est venu à l’idée de mettre au point un modèle de société qui serait le plus juste possible, qui permettrait à absolument tout le monde de bénéficier du meilleur. Et puis mon but était ensuite de partager cette idée, cette possibilité, ce rêve, avec tout ceux qui le veulent, et donc de le faire à travers un livre car en ce qui me concerne, c’est par l’écrit que je m’exprime le mieux. Mais comme je n’avais pas envie d’écrire un traité ou un essai, comme j’aime lire et écrire des histoires depuis mon plus jeune âge, j’avais envie de le faire au travers d’un roman. Mon problème était donc de trouver une histoire à raconter sous forme de roman qui me permettrait de parler de cette société idéale et d’un certain nombre d’idées qui y sont rattachées. J’avais donc un but, j’avais un message, quelque chose à dire. Mais je n’avais pas d’histoire, pas de personnage, rien. Bon évidemment, ça n’a pas tardé à venir et je me suis lancée. Oui mais, justement… je me suis lancée trop vite.

Ben oui. J’avais un message, j’ai cherché comment faire passer ce message au travers d’une histoire, j’ai eu une idée, et je me suis jetée dessus. Corps et âme. Plus tard, après avoir commencé à écrire, après avoir déroulé le fil de mon histoire, je me suis rendue compte que c’était une mauvaise idée. C’est pour ça que déjà, une première fois, j’ai dû repenser mon histoire te tout recommencer, comme je l’ai expliqué dans cet article. Mais cette reprise n’était pas suffisante, car je n’ai pas voulu tout reprendre depuis le début, je n’ai pas voulu tout jeter, et j’ai répété une deuxième fois la même erreur. Au bout du compte, j’ai fini par abandonner ce roman, et aujourd’hui, je n’ai pas fait la même erreur une troisième fois: retour au point Zéro! Ce que j’ai fait, c’est ce que beaucoup d’auteurs conseillent, et ils ont raison:

1. Une fois que l’on sait de quoi on veut parler, il faut réfléchir à comment le dire:  noter toutes les idées qui vous passent par la tête. TOUTES. Mêmes les trucs nuls. Des fois, on a d’abord l’idée de l’histoire qu’on a envie de raconter, dans ce cas aussi, réfléchir à toutes les façons de raconter cette histoire. Ne pas se jeter sur la première qui vient, ne pas arrêter d’en chercher de nouvelles parce qu’on en a trouvé une qui nous plait, ne pas se bloquer dans un seul scénario ou avec un personnage qu’on a en tête, en bref, ne pas se limiter. Il s’agit de faire un court résumé d’une histoire et de son intrigue par exemple:

 » Les chaussettes de Mr Dupont prennent vie pour une raison X. La force maléfique qui les habite essaie de prendre le contrôle de l’esprit de Mr Dupont afin de pouvoir agir à travers lui. Mr dupont va t-il parvenir à échapper à ses chaussettes? Va t-il réussir à conjurer le sort? Ou bien va t-il devenir leur marionnette? »

Bon, en principe c’est un peu plus long quand même, un poil plus développé. Personnellement, cet exercice m’a permis de enfin trouver une idée à peu près originale! Je suis sortie de mon blocage, plus je trouvais de solutions plus j’en avais, et forcément LA bonne idée finit par arriver. Dans mon cas, LA bonne idée est née de l’association de deux autres bonnes idées 😛

2. Parmi toutes ces idées, mettre de côté celles qui déplaisent et celles que l’on ne se sent pas capable de traiter (parce que on est pas à l’aise avec certains aspects ou parce qu’on a un manque de connaissances par exemple). Garder en somme les meilleures, et en dérouler le fil. Cela est vraiment un très bon exercice, il m’a été très utile. Le but est de voir où chacune de ces idées peuvent nous mener, et ainsi on se rend compte très vite de leur potentiel autant que de leurs limites! Il s’agit de réfléchir au schéma narratif de l’histoire, son squelette en somme (ce qui ne veut pas dire que l’on devra raconter l’histoire dans cet ordre):

– la situation initiale

– l’élément déclencheur, qui amène au but, à la quête du héros, le problème principal qu’il doit résoudre

– les péripéties: les difficultés qu’il va rencontrer en essayant de résoudre le problème, les obstacles, retournements de situations etc.

– l’élément de résolution

– le dénouement

Pour bien voir le potentiel et les limites d’une idée, faire ce travail au préalable est très utile.  On peut noter plusieurs possibilités à chaque étape, d’ailleurs à mon avis plus il y en a plus l’histoire à de potentiel, plus il sera possible de s’écarter du chemin qu’on avait tracé au départ, et  finalement, l’histoire n’en sera que plus amusante à écrire car elle n’est pas figée! Et en principe, l’écrivain aime bien cette liberté, cette possibilité de voir naître sous sa plume l’histoire au fur et à mesure qu’il l’écrit, ce plaisir de ne pas tout savoir à l’avance… personnellement, je me suis laissée la fin libre, je ne veut pas avoir fini l’histoire dans ma tête avant de l’avoir écrite, je veux me laisser cette liberté et ce plaisir, même si je sais qu’ il n’y a pas non plus 50 fins possibles… Mais à chacun ses préférences et sa façon de faire!

3. Une fois que l’on a fait son choix, qui se veut éclairé celui là, eh bien il reste à faire un plan plus détaillé, plus approfondi, des grandes lignes de l’histoire. En ce qui me concerne j’avais suffisamment détaillé la première fois et comme je ne veux pas me gâcher le plaisir d’écrire je ne souhaite pas faire un plan qui soit trop développé. J’ai défini les grandes lignes et un spectre de possibilités au sein duquel je veux me laisser la place pour l’improvisation… je me contente de ça mais encore une fois chacun fait comme il le sent. Seulement je pense que quand on fait le même choix que moi, il faudra compléter le plan au fur et à mesure que l’histoire avance avec les choix que l’on a fait, histoire de rester cohérent, des fois on peut oublier… en tout cas c’est mon conseil et je compte bien me l’appliquer à moi même 😉

4. Faire des fiches personnages. Tous les écrivains le disent, les personnages sont absolument essentiels dans une histoire. Le personnage principal en particulier. C’est lui qui va porter l’histoire, c’est en fonction de sa personnalité et de son histoire que les problèmes vont se poser à lui, qu’il réagira de telle ou telle façon, etc etc. Il ne faut donc pas le rater, il doit vous être familier, vous devez le connaître comme votre poche, et pour cela il faut lui avoir donné vie avant de le faire s’animer dans votre roman. Cette erreur là est la seule que je n’ai jamais faite, je me suis toujours appliquée à faire des fiches pour mes personnages principaux. Mais je trouve qu’elles n’étaient pas assez détaillées et je les ai étoffées:

Données de base: nom complet, âge, date de naissance, sa profession etc.

Ses caractéristiques physiques : taille, silhouette, cheveux, yeux etc. Penser à noter un signe particulier s’il en a, quelque chose qui le rend plus unique (cicatrice quelque part par exemple)

Son histoire: où et quand il est né, qui sont ses parents, son enfance, évènements importants de sa vie etc. Ca aussi va déterminer en partie sa personnalité.

Sa personnalité: ses qualités/défauts, ses traits de caractères, ses habitudes/tics/manies, sa vision de monde etc.

Ses goûts: ce qu’il aime/aime pas, son genre de musique/films/livres , son plat préféré etc.

Ses relations avec les autres: avec sa famille, qui sont ses amis, sa vie amoureuse, quel genre de personnes l’attire/le rebute, ses rapports avec d’autres persos du roman etc.

Autres: tout autre détail qui vous vient à l’esprit

Bien sûr il faudra penser à mettre cette fiche à jour en cas de changements, histoire de ne pas s’emmêler les pinceaux stylos!

5. Une fois que tout ça est fait, en principe, on est bien armé pour commencer son roman et on prend moins le risque de devoir tout recommencer dans deux mois 😉 Le secret à partir de maintenant (mais même avant je crois), c’est de surtout garder une régularité, et de ne jamais laisser trop de temps s’écouler entre la dernière fois où l’on a écrit et le jour où l’on s’y remet. L’idéal est bien sûr d‘écrire tous les jours, même si c’est juste un paragraphe. En ce qui me concerne, venant aujourd’hui d’arriver au bout de toutes ces étapes, je ne vais pas encore immédiatement me mettre à écrire. Comme je n’ai pas fait un plan détaillé , je vais bien réfléchir d’abord à ce que je vais dire dans ma première partie et prendre quelques notes, histoire de savoir dans quelle direction je veux mener mes (futurs- espérons le) lecteurs!

Pour conclure, je dirais simplement que dans mon cas, cette méthode m’a énormément aidée.  Comme je suis de nature passionnée, je m’enthousiasme assez vite et puis je pars dans tous les sens. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi mais pour être efficace j’ai besoin de me fixer des étapes, et de m’imposer une structure de travail, une méthode. De me discipliner en somme! Je remercie tous les écrivains qui ont partagé leurs méthodes et donné des conseils sur internet pour les gens comme moi qui veulent écrire leur premier roman, ils sont précieux. Bien sûr, on en prend et on en laisse, on adapte à sa personnalité, ses préférences, chacun fait sa sauce avec. J’ai fait la mienne, à vous de faire la vôtre 😉

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Une réflexion sur “De le difficulté à écrire un premier roman

  1. Bonjour,
    Je vous prie de m’excuser. Je n’ai malheureusement pas trouvé comment vous contacter autrement que par commentaire.
    Je souhaitais vous faire découvrir le service Paperblog, http://www.paperblog.fr dont la mission consiste à identifier et valoriser les meilleurs articles issus des blogs. Vos articles sembleraient pertinents pour certaines rubriques de Paperblog.
    En espérant que le concept de Paperblog vous titille, n’hésitez pas à me contacter pour toutes questions ou renseignements…

    Audrey

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