The Venus project: l’économie basée sur les ressources

jacque-fresco-genuinely-concerned-environment-human-beingsBon, je me décide à consacrer une page à ce projet, parce que j’ai envie de lui donner plus de visibilité. Ce projet initié par Jacque Fresco rejoint en tout point mes propres idées, et je vous invite à consulter le site internet disponible en plusieurs langues et les nombreuses vidéos et ouvrages que l’on peut y trouver. Voici à titre d’exemple un article sur le système économique basé sur les ressources:

Jacque Fresco est à l’origine de la notion d’Économie Basée sur les Ressources. Il s’agit d’un système dans lequel tous les biens et services sont disponibles sans l’utilisation d’argent, de crédit, de troc ou toute autre forme de dette ou de servitude. Toutes les ressources deviennent l’héritage commun de tous les habitants, et non pas de quelques privilégiés. Ce système se repose sur le constat que la Terre est abondante en ressources. Notre pratique du rationnement des ressources par le biais de méthodes monétaires est à la fois non pertinent et contre-productif quant à notre survie.

La société moderne a accès à une technologie de pointe et peut rendre disponible de la nourriture, des vêtements, des logements et des soins médicaux, tout comme il est possible de mettre à jour notre système éducatif et de procurer un approvisionnement illimité en énergies renouvelables et propres. À travers l’avènement d’une économie conçue dans un souci d’efficacité, toute la population peut jouir d’un niveau de vie très élevé grâce à un accès à toutes les infrastructures d’une société technologique.

Une économie basée sur les ressources utiliserait les ressources existantes de la terre et de la mer, les équipements physiques, les usines, etc. pour améliorer la vie de toute la population. Grâce au recours à une économie basée sur les ressources plutôt qu’à l’argent, nous pourrions facilement produire toutes les nécessités de la vie et assurer un niveau de vie élevé pour tous.

Considérez les exemples suivants : au début de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis possédaient environ 600 avions de combat de première classe. Nous avons rapidement remédié à la faiblesse de ce stock en produisant plus de 90 000 avions par an. La question au début de la Seconde Guerre mondiale était : avons-nous suffisamment de fonds pour produire le matériel de guerre nécessaire ? La réponse était non, nous n’avions pas suffisamment d’argent ; nous n’avions pas non plus suffisamment d’or, mais nous avions plus de ressources que nécessaire. Ce furent les ressources disponibles qui ont permis aux États-Unis d’atteindre le niveau de production et d’efficacité nécessaires pour gagner la guerre. Malheureusement, cette logique n’est employée qu’en temps de guerre.

Dans une économie basée sur les ressources, l’ensemble des ressources de la planète sont considérés comme étant le patrimoine commun de tous les peuples de la Terre, dépassant ainsi à terme le recours aux barrières artificielles qui séparent les peuples. Tel est l’impératif d’unification.

Nous devons souligner que cette approche de gouvernance mondiale n’a rien à voir avec les objectifs actuels d’une élite visant à former un gouvernement mondial dont elle serait aux commandes en compagnie d’autres grandes entreprises, subordonnant ainsi la grande majorité de la population planétaire à leur volonté. Notre vision de la mondialisation permet à chaque être humain de vivre au mieux sans devoir être soumis à un gouvernement corporatiste.

Nos propositions, en plus d’apporter du bien-être aux personnes, fourniront les informations nécessaires leur permettant de participer à n’importe quel domaine de compétence. La mesure du succès se reposerait sur le désir d’accomplissement d’un individu plutôt que sur l’acquisition de richesses, de propriété ou de pouvoir.

Actuellement, nous disposons d’assez de ressources matérielles pour offrir un niveau de vie très élevé à tous les habitants de la Terre. Ce n’est que lorsque la population dépasse la capacité porteuse de la terre que de nombreux problèmes tels que l’avidité, la criminalité et la violence apparaissent. Une fois la notion de pénurie surmontée, la plupart des crimes disparaîtront et les prisons ne seront plus nécessaires.

Dans une économie basée sur les ressources, il serait possible d’utiliser la technologie pour surmonter le manque de ressources. Parmi les méthodes utilisées figurent l’utilisation de sources d’énergie renouvelables, l’informatisation et l’automatisation de la fabrication et les inventaires, la conception de villes sures et efficaces sur le plan énergétique. Ces villes seraient équipées de systèmes avancés de transports tout en offrant des soins de santé universels et une éducation plus pertinente. Il s’agira avant tout de concevoir un nouveau système reposant sur les préoccupations humaines et environnementales.

Beaucoup de personnes pensent qu’il y a trop de technologie dans le monde d’aujourd’hui, et que cette dernière est la principale responsable de notre pollution environnementale. Ce n’est pas le cas. C’est plutôt l’abus et la mauvaise utilisation de la technologie qui devraient être notre préoccupation majeure. Au sein d’une civilisation plus humaine, nous remplacerons les hommes par des machines qui raccourciraient les journées de travail, augmenteraient la disponibilité des biens et services et allongeraient les périodes de congés. Si nous utilisons la nouvelle technologie pour augmenter le niveau de vie de chacun, l’intégration de la technologie mécanique ne sera plus une menace.

Une économie mondiale basée sur les ressources déploierait également tous les efforts visant à développer de nouvelles sources d’énergie propres et renouvelables : la géothermie, la fusion contrôlée, le solaire, le photovoltaïque, l’éolien, l’houlomoteur et l’énergie marémotrice, ainsi que les carburants provenant des océans. À terme, nous aimerions avoir la possibilité de créer de l’énergie en quantité illimitée qui pourrait propulser la civilisation des milliers d’années durant. Une économie basée sur les ressources doit aussi être engagée à la refonte de nos villes, des systèmes de transport et des usines, leur permettant d’être économes en énergie, propres et de subvenir idéalement aux besoins de toute la population.

Quelle autre définition pourrait-on donner à une économie basée sur les ressources ? Il s’agit d’appliquer la technologie intelligemment et efficacement, tout en conservant l’énergie, réduisant les déchets et en offrant davantage de temps pour les loisirs. Grâce à un inventaire automatisé à l’échelle mondiale, nous pouvons maintenir un équilibre entre la production et la distribution. Seuls les aliments nutritifs et sains seraient mis à disposition et l’obsolescence planifiée serait inutile et inexistante dans une économie basée sur les ressources.

Nous pourrons dépasser la nécessité de professions reposant sur le système monétaire comme les avocats, banquiers, agents d’assurance ou les spécialistes en marketing et en publicité ainsi que les vendeurs et courtiers en bourse. De plus, une quantité considérable de déchets seront éliminés et des économies d’énergie seront réalisées grâce à l’élimination des doublons de produits en concurrence comme les outils, ustensiles, casseroles, poêles et aspirateurs. Le choix est une bonne chose. Mais au lieu de devoir composer avec des centaines d’usines différentes et avec toutes les formalités administratives nécessaires à la fabrication de produits au final similaires, seuls quelques produits de la meilleure qualité possible seraient nécessaires pour desservir l’ensemble de la population. Notre seule carence est celle de la pensée créative et de confiance en notre niveau d’intelligence, et de leaders élus pour résoudre ces problèmes. De nos jours, la ressource inexploitée la plus précieuse est l’ingéniosité humaine.

Avec l’élimination de la dette, la crainte de perdre son emploi ne sera plus une menace. Cette assurance associée à une éducation visant à optimiser les relations interpersonnelles pourrait considérablement réduire le stress mental et physique et nous laisser libres d’exploiter et de développer nos capacités.

Si la pensée de l’élimination de l’argent vous dérange encore, pensez à ceci : si un groupe de personnes avec de l’or, des diamants et de l’argent échouait sur une île dénuée de ressources telles que de la nourriture, un air sain et une eau propre, leurs richesses seraient inutiles lorsque leur survie est en jeu. C’est seulement lorsque les ressources sont rares que l’argent peut être utilisé pour contrôler leur distribution. On ne pourrait pas, par exemple, vendre l’air que l’on respire ou l’eau coulant abondamment dans un ruisseau de montagne. Bien que l’air et l’eau soient précieux et abondants, ils ne peuvent pas être vendus.

L’argent n’est important dans une société que lorsque certaines ressources vitales doivent être rationnées et que les gens acceptent l’argent comme un moyen d’échange pour ces ressources. L’argent est en fait une convention sociale, un accord. Il n’est pas une ressource naturelle et n’en représente aucune. L’argent n’est pas nécessaire à la survie, à moins que nous ayons été conditionnés à le considérer comme tel.

Ne pas hésiter une seconde à aller consulter le site web et visionner les vidéos en particulier celle que je vous ai mis dans mon article précédant « Paradise or Oblivion ».

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Soyons égoïstes, soyons altruistes!

without-money1Je m’étonne de ne pas avoir créé cet article plus tôt, car voici un bon moment que j’ai cette idée en tête et que depuis j’ai lu pas mal de trucs sur le sujet. Ce sujet est important car quand on débat sur la question d’une société idéale, et la capacité de l’homme à créer et vivre dans une telle société, l’argument qui tombe toujours fatalement c’est: mais l’homme est égoïste, il ne peut pas vivre dans une « société idéale », encore moins dans une société idéale basée sur la gratuité comme je le défends.

Parmi les nombreuses personnes qui pensent que l’homme est de toute façon égoïste et qu’ainsi il trouvera toujours le moyen de spolier l’autre pour son propre petit bonheur personnel, et qu’ainsi aucune société idéale ne peut être du fait de cette nature, à ceux qui opposent à mon idée de société idéale qui présuppose que l’homme puisse être altruiste que cela est contraire à la nature humaine, j’ai trouvé une réponse qui devrait faire tomber tout le monde d’accord (ou j’ai de l’espoir moi 😛 ). Mais d’abord une petite mise au point.

Une société basée sur la gratuité

Par « société idéale », j’entends une société fonctionnant sur la base de la gratuité (travail gratuit, mais « consommation », gratuite aussi) dans laquelle chacun bénéficie du travail de chacun, c’est une autre façon d’échanger, en somme. Et en somme aussi, ça ne serait pas foncièrement différent de notre monde dans le sens où en garderait les avantages et les choses utiles, mais qu’une bonne partie des problèmes seraient réglés. C’est à dire les problèmes liés à l’écologie. Liés à la santé. Au crime organisé. A la recherche. C’est à dire la pauvreté. Tout le monde serait riche. Tout le monde serait éduqué, soigné, nourri, logé, tout le monde profiterait des meilleures technologies, tout le monde pourrait partir en vacances, voyager, tout ça tout ça. C’est à dire la fin des limites qu’on s’est nous mêmes bêtement fixées avec la nécessité d’avoir de l’argent pour pouvoir échanger, au lieu de se baser sur les ressources disponibles et leur gestion (ce qu’est sensé vouloir dire « économie » d’ailleurs).

Mais bon… même si cela peut faire sourire, en même temps, quand on y réfléchit, on se rend compte que le but que je vise et qui semble utopique est pourtant la définition même du mot « société ». Je pars du principe que tout modèle de société qui ne bénéficie pas à tout le monde est un mauvais modèle, qui échoue dans son but. Car le mot société, à la base, ça désigne des gens qui s’associent pour le bien être de chacun, en gros, on s’associe parce que chacun y trouve son compte, une meilleure situation que s’il était seul, right? Or, on a oublié cela. Notre société n’est plus une société. Tiens, voilà ce qu’en dit wikipédia:

La société (du latin socius : compagnon, associé) est l’« ensemble des modèles d’organisation et d’interrelation, des individus et des groupes, des associations, des organisations et des institutions qui concourent à la satisfaction concertée des besoins de la collectivité. » (Joseph Fichter)

Est ce que notre modèle de société correspond à cette définition? Est ce que les besoins de la collectivité sont satisfaits? Même pas les plus basiques, pour les moins chanceux. Pourquoi alors avoir un Etat et pourquoi vivre en société si c’est pour y répliquer les lois de la jungle, ou presque?

L’altruisme est la meilleure réponse à l’égoïsme

Mais que vous partagiez cette idée ou pas, imaginez seulement un tel monde idéal. A cette idée grossièrement dépeinte pour vous, nombreux m’ont dit que une telle société ne pouvait pas marcher parce que: l’homme est égoiste, l’homme est avide, l’homme est mauvais, etc. S’ils n’ont pas de limites, les hommes vont sur-consommer et accumuler. Il y aura un tas de gaspillage. S’ils ne doivent pas travailler pour vivre, les gens ne travaillerons pas. Et j’en passe.

Or :

1. L’idée toute conçue selon laquelle l’homme est perfide, égoïste et tout ça ne m’a jamais convaincue, car je trouve que l’homme a montré qu’il était aussi bien capable du pire que du meilleur. L’environnement (au sens large : éducation, culture, croyances, moyens disponibles, risques etc.) dans lequel l’homme va grandir et vivre vont avoir un grand impact à ce niveau.

2. La société idéale est la solution à l’égoïsme, paradoxalement, car en fin de compte, l’égoïsme en est son moteur. Car le meilleur moyen de satisfaire l’égoïsme de l’homme, c’est l’altruisme généralisé.

Ca marche parce que dans cette société, tout le monde gagne, il n’y a pas de perdant. Si l’homme est altruiste, il va s’épanouir dans cette société idéale car il retirera une satisfaction immense dans cet échange,  il se sentira utile à la société.  Si l’homme est égoïste (et avide et tout ça), il s’épanouira tout autant dans cette société où il peut obtenir tout ce qu’il veut. Sa participation à la société (son travail) est cette monnaie d’échange qui lui permet de l’obtenir.

Si l’homme est animé par un instinct de survie, et que c’est cet instinct de survie qui, quand on le place dans des conditions défavorables, le pousse à écraser l’autre pour s’en sortir lui (voir des fois juste pour avoir encore plus) , eh bien il pourra être tranquille, car il n’aura pas besoin de le faire pour s’en sortir et même s’en sortir vachement bien dans la vie. Je pense aussi que les comportements d’accumulation, à l’exception du phénomène de collection, est essentiellement guidé par cet instinct de survie qui encore une fois, placé dans des conditions défavorables, pousse l’individu à accumuler quand il le peut en prévision de jours incertains. Ce comportement n’aurait aucun sens dans la société idéale que je décris. Contrairement à notre société actuelle fonctionnant sur le principe d’incertitude, la société idéale garanti la stabilité. Les gens ne peuvent pas « perdre », la meilleure qualité de vie possible leur est garantie du début à la fin.

L’acte altruiste est un acte égoïste

En plus, si on part du principe qu’il n’y a pas de don gratuit ni d’altruisme pur, dans la mesure où on en retire toujours quelque chose, même immatérielle cette chose suppose que l’acte altruiste est par définition, un acte égoïste. On fait le bien autour de soit parce que savoir les autres malheureux nous fait du mal. Faire du bien nous rend heureux. Ceux dont on peut dire qu’ils sont « égoïstes » sont ceux qui par manque d’empathie sans doute (sinon ils ne pourraient vivre ainsi), ne sont pas atteints par le malheur des autres, et arrivent à passer au dessus, voir peuvent en être responsables sans ressentir de culpabilité, ou de mal être, parce que ce qu’ils retirent du malheur des autres est par exemple, une grande richesse. Sauf que ça non plus, ça n’aurait aucun sens, dans la société idéale. Aucun. L’acte égoïste non plus n’est pas gratuit, car il n’est pas une fin en soit. A l’exception des masochistes, la majorité des hommes ne font pas de mal aux autres par plaisir. Ils le font pour une raison. Souvent cette raison est l’argent. Ou la survie. Mais c’est pareil. Ainsi d’après moi, il n’y a pas de contradiction entre ma société idéale et la présupposée « nature humaine », dans tous les cas, elle fonctionne, en faisant appel tout simplement à des motivations différentes selon les cas. En fait, c’est même la meilleure façon de satisfaire son égoïsme, d’où le titre « soyons égoïstes, soyons altruistes! »

Vous pouvez visionner cette vidéo de Venus Project pour un monde sans argent centré sur les ressources, c’est exactement le même rêve 🙂 Le début ne fait que dire des évidences (nous rappeler à quel point le monde dans lequel on vit est pourri) mais un peu avant la moitié du docu on aborde le vif du sujet! Sous titres français en cliquant sur « cc ».

Vous pouvez aussi consulter les articles suivants:

– Le plaidoyer pour l’altruisme du Docteur Thierry Janssen:

http://www.thierryjanssen.com/images/art_psycho_belgique/psycho_bel_2012_mai.pdf

Sur l’altruisme chez les animaux:

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/vie-1/d/pourquoi-certains-animaux-sont-ils-altruistes_8588/

http://www.cepheides.fr/article-25453578.htm

Une association qui partage ces idées, vous pouvez signer la charte si vous les partagez aussi:

http://www.freeworldcharter.org/fr

The Venus Project:

http://www.thevenusproject.com/

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Jacquot et sa grosse génisse Mijette

Jeux d’écriture: raconter une histoire en prenant au pied de la lettre une ou plusieurs expressions/proverbe.
Expressions et proverbes choisis:

–          Bête comme ses pieds

–          Filer comme un pet sur une toile cirée

–          Tomber dans les pommes

–          Il y a anguille sous roche

–          Chier une pendule

Jacquot avait de grands pieds. Longs comme la berge du canal de la Mouette, et larges comme l’arrière train de Mijette, sa grosse génisse. L’un ( le gauche) se faisait appeler Jeanette (il croyait qu’il était une femme) et l’autre, qui n’avait pas assez d’esprit pour se nommer lui-même, était surnommé par nous autres « Bourriquot », parce qu’un pied aussi  sot ne pouvait porter un vrai nom, cela va de soi. Un Nom, ça a une histoire, ça vient de loin, ça a été porté par des gens et c’est encore porté par des gens, et on ne voudrait pas les offenser en nommant un pied aussi ignare après eux, fussent-ils morts depuis mille ans.

Quant à Jeanette, elle n’avait  guère plus d’esprit, hélas. D’abord, comment un pied peut se croire une femme, on ne le comprendra jamais, car un pied, qu’il soit de droite ou de gauche, n’ayant pas d’organes reproducteurs -fort heureusement d’ailleurs!- ne peut appartenir à aucun genre, sinon celui de son maître.  Mais Jeanette n’en avait que faire, et au grand dam de Jacquot, se maquillait les orteils ! Jacquot, si honteux, n’osait plus regarder ses propres pieds. Pauvre Jacquot. On l’aimait bien.  Non pas qu’il était plus malin que ses propres pieds, d’ailleurs il y eût quelques fois où l’on pouvait légitimement se demander s’il n’était pas plus benêt qu’eux, mais il était fort serviable et aimable, et ce sont là des qualités appréciables. Mais hélas, il faut admettre que la sottise associée à la serviabilité appelle souvent le malheur. Oh, ne vous y trompez pas, Jacquot était un homme heureux, autant qu’un sot peut l’être, c’est à dire énormément ! Car le brave homme ne se rendait pas même compte de sa propre misère. Parfois j’en arrive à penser qu’à certains égards, c’est une situation enviable, mais je tais vite cette pensée en repensant à la fin de ce pauvre Jacquot. Une fin terrible.

C’était un beau jour de printemps, et je vous passe le détail des bourgeons de fleurs qui éclosent, des doux rayons du soleil comme une caresse  sur la peau érodée par l’hiver, de la pelouse et des feuilles qui verdissent,  de la sensation de la brise légère qui glisse dans les cheveux comme un pet sur une toile cirée.  En ce beau jour de printemps donc, Jacquot allait pour traire sa grosse génisse dont je vous ai parlé avant pour décrire ses nigauds de pieds. Et c’est là qu’il découvrit, horrifié, l’horrible horreur. La grosse génisse gisait en geignant sur un lit de paille sanguinolent. Face à cette terrible vision, Jacquot perdit l’équilibre et tomba dans les pommes entreposées tout à côté, qu’il avait cueillies de son verger la veille. Et sous ce tas de fraîches pommes se trouvait une roche, sous laquelle encore  se trouvait, on ne sait comment, une anguille. Une anguille Electrophorus electricus pour être exact, dont la décharge le fit violemment soubresauter. Était-ce par la violence de la décharge, ou bien par l’horreur de la scène qu’il avait sous les yeux, ou encore par la rencontre des deux, je ne saurais le dire. Mais Jacquot commença alors à se tortiller si fort qu’il semblait s’écarquiller. Ses yeux s’injectèrent de sang. Il se mordit si fort la lèvre inférieure qu’il se la déchira. Sa respiration devint si bruyante qu’on aurait dit un train à vapeur. Mais le pire, c’était son ventre. Il avait déchiré sa chemise et se tenait la panse comme pour empêcher quelque chose d’en sortir. On pouvait voir la peau se soulever par endroits. On aurait dit une femme enceinte sur le point d’accoucher du démon ! Fort heureusement, la chose en lui ne s’obstina pas davantage et changea de route. C’est par le derrière qu’elle sortit. On n’aura jamais vu un anus s’ouvrir aussi grand, car il chia une pendule !

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Badineries atrabilaires

 Le logorallye est un exercice qui consiste à inclure dans un texte un certain nombre de mots imposés au départ, même (et surtout !) quand ces mots semblent ne pas avoir grand rapport entre eux. On complique la chose en demandant que les mots soient insérés dans l’ordre dans lequel ils ont été donnés !

Mots imposés: homérique, sempiternellement, badin, brindezingue, pétulance, ubuesque, atrabilaire, fangeux, indolent, mutin, concupiscent, accorte, lubrique

Cet homme, affublé d’une tenue des plus homériques avec son grand chapeau pendant et son pantalon à clous rentré dans des bottes extravagantes de couleurs inassorties, affichait sempiternellement cet air badin. Quand il était au bar le soir avec son équipe de brindezingues qu’il ne quittait pour ainsi dire jamais, l’ambiance tournait à la pétulance, voir à la bouffonerie. Moi qui suis plutôt d’une nature atrabilaire, je ne pouvais supporter cette fangeuse mascarade et je pensais parfois en venir à des techniques plus ubuesques pour les faire cesser. Mais Cécilia avait été dotée d’une bien meilleure nature que moi ; elle était de ces femmes indolentes que rien n’affecte ni ne dérange, et à ce point débonnaire que je me demandais parfois si elle n’était pas un peu jocrisse sur les bords.

Il y’avait une autre femme au visage mutin que je voyais souvent dans les parages, elle semblait apprécier cette bande d’excentriques que moi je mourrai d’envie d’étrangler. Cela dit, elle était d’une beauté céleste, magistrale, et tous les regards concupiscents des hommes se  fixaient sur elle quand elle passait, ce qui provoquait chez moi une inextinguible aversion. En effet, rien ne me révulse plus que ces yeux lubriques et libidineux lorgnant les  formes engageantes d’une femme bien accorte, attendu qu’elle n’en demeure pas moins une femme, un être humain qui ne mérite pas d’être regardé ainsi. Comment s’accommodait-elle de ces regards ? Comment  pouvait-elle les supporter sans mot dire ? Je me le demande encore. Si j’étais une femme, je crois que je répondrais à leurs regards de la manière la plus menaçante qui soit. Je crois que je leur arracherais les yeux ! Mais il me semble que cette divine créature avait accepté son sort, partant du fait que chaque médaille à son revers et que celle de la beauté devait être la concupiscence.

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Jeux d’écriture

jeuxVoir le site « devenir écrivain » à la page « jeux d’écriture », d’0ù son tirés ces exemples d’exercices à faire pour stimuler son imagination, travailler son style, continuer de s’améliorer, tout ça tout ça 😉 Quand on a pas le temps de se consacrer à un roman, faire ce genre de petits jeux aide à ne pas perdre la main et donne aussi beaucoup de plaisir! A vos stylos!

Un lipogramme:  texte dans lequel il manque une ou plusieurs lettres de l’alphabet, en général des voyelles. Réaliser un lipogramme en O signifie donc écrire un texte sans utiliser de mots contenant la lettre 0.

L’histoire à 4 voix: L’exercice consiste à écrire quatre fois la même histoire en adoptant un point de vue différent.

– Ecrire un texte en prose à la manière de Francis Ponge dans Le parti pris des choses, mettre en valeur un objet du quotidien.

– L’assonance est la répétition dans un texte d’un son voyelle.

–  la fiction éclair consiste à écrire, à partir d’un point d’accroche, un texte sans réfléchir et d’une seule traite.

– Un tautogramme est une phrase constituée de mots commençant par la même lettre !

« Changement de règle ». Il s’agit d’écrire un texte en modifiant au moins une des règles de notre monde. La transformation peut s’opérer sur une loi humaine, une loi naturelle ou biologique, etc. Libre à chacun de laisser courir son imagination !

Prendre au pied de la lettre une expression courante comme « casser la croûte, « arriver comme un cheveu sur la soupe » ou encore « bête comme ses pieds ».

Le logorallye et homonymes:  Cet exercice consiste à introduire dans un texte un certain nombre de mots imposés.  Les mots de départ devaient obligatoirement être des homonymes, par exemple:

  • vers/verre/vert/ver
  • mur/mûr
  • cours/cour
  • bond/bon
  • foi/foie/fois

Le poème boule de neige est tout simplement un poème dont chaque phrase est un peu plus longue que celle qui précède. Le premier vers comporte ainsi un mot, le suivant deux, etc

– la liponomie ressemble au lipogramme à la différence qu’il s’agit d’éviter l’emploi de certains mots et non de certaines lettres. Bien entendu, il trop serait facile d’écrire un texte sans y intégrer « éléphant » ou « topinambour ». J’ai donc proposé à mes abonnés de produire une description sans les verbes « être », « avoir » et « faire » !

Le jeu « 5 sens pour créer » cherche à développer cette habitude. Il s’agit de décrire un même souvenir en insistant sur l’un ou l’autre des 5 sens.

– Le jeu du sandwich consiste à écrire en respectant une contrainte simple : le texte doit obligatoirement commencer par une phrase donnée:  « Un jour, un loup, qui avait très bien mangé et n’avait plus faim du tout, décide de faire une petite promenade dans les bois. » et se terminer par une autre : « On ne se quittera plus jamais ! »

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De le difficulté à écrire un premier roman

Si vous avez lu mon dernier article sur la question de l’originalité, vous savez déjà que après une longue pause dans l’écriture de mon roman, j’ai fini par y revenir. Et par tout jeter. Pour tout recommencer! Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive à vrai dire. Je savais depuis longtemps que ce n’était pas chose facile que d’écrire un roman, surtout un premier roman,  mais aujourd’hui c’est plus que ça, je le vis, je ressens cette difficulté. Mais surtout je me suis rendue compte de mes erreurs, j’ai compris ce qui n’allait pas dans ma manière de faire, pourquoi je ne finissais jamais mes romans, pourquoi j’avais, aussi, du mal à être originale. Si vous êtes vous aussi en train d’essayer de pondre votre premier roman, je pense que ce billet va vous intéresser, car il pourra vous éviter les mêmes écueils que ceux que j’ai connu, et qui m’ont fait perdre beaucoup de temps. Et cependant, on ne perd jamais vraiment son temps a essayer, même quand on se trompe, même quand c’est mauvais, parce que ça nous laisse le temps de mûrir et c’est plein d’enseignements! Voilà pourquoi il ne faut pas désespérer et s’armer de patience et de volonté pour écrire son premier roman, quand on ne sait pas trop comment s’y prendre, quand on est pas trop sûr de soi… tout ce que l’on risque c’est de s’améliorer 😉

Comme vous le savez si vous avez un peu parcouru ce blog, sinon ce n’est pas grave je vais vous le dire tout de suite, je suis une personne très sensible à l’injustice, et très remontée contre l’absurdité de notre monde. Ainsi depuis quelques années déjà, il m’est venu à l’idée de mettre au point un modèle de société qui serait le plus juste possible, qui permettrait à absolument tout le monde de bénéficier du meilleur. Et puis mon but était ensuite de partager cette idée, cette possibilité, ce rêve, avec tout ceux qui le veulent, et donc de le faire à travers un livre car en ce qui me concerne, c’est par l’écrit que je m’exprime le mieux. Mais comme je n’avais pas envie d’écrire un traité ou un essai, comme j’aime lire et écrire des histoires depuis mon plus jeune âge, j’avais envie de le faire au travers d’un roman. Mon problème était donc de trouver une histoire à raconter sous forme de roman qui me permettrait de parler de cette société idéale et d’un certain nombre d’idées qui y sont rattachées. J’avais donc un but, j’avais un message, quelque chose à dire. Mais je n’avais pas d’histoire, pas de personnage, rien. Bon évidemment, ça n’a pas tardé à venir et je me suis lancée. Oui mais, justement… je me suis lancée trop vite.

Ben oui. J’avais un message, j’ai cherché comment faire passer ce message au travers d’une histoire, j’ai eu une idée, et je me suis jetée dessus. Corps et âme. Plus tard, après avoir commencé à écrire, après avoir déroulé le fil de mon histoire, je me suis rendue compte que c’était une mauvaise idée. C’est pour ça que déjà, une première fois, j’ai dû repenser mon histoire te tout recommencer, comme je l’ai expliqué dans cet article. Mais cette reprise n’était pas suffisante, car je n’ai pas voulu tout reprendre depuis le début, je n’ai pas voulu tout jeter, et j’ai répété une deuxième fois la même erreur. Au bout du compte, j’ai fini par abandonner ce roman, et aujourd’hui, je n’ai pas fait la même erreur une troisième fois: retour au point Zéro! Ce que j’ai fait, c’est ce que beaucoup d’auteurs conseillent, et ils ont raison:

1. Une fois que l’on sait de quoi on veut parler, il faut réfléchir à comment le dire:  noter toutes les idées qui vous passent par la tête. TOUTES. Mêmes les trucs nuls. Des fois, on a d’abord l’idée de l’histoire qu’on a envie de raconter, dans ce cas aussi, réfléchir à toutes les façons de raconter cette histoire. Ne pas se jeter sur la première qui vient, ne pas arrêter d’en chercher de nouvelles parce qu’on en a trouvé une qui nous plait, ne pas se bloquer dans un seul scénario ou avec un personnage qu’on a en tête, en bref, ne pas se limiter. Il s’agit de faire un court résumé d’une histoire et de son intrigue par exemple:

 » Les chaussettes de Mr Dupont prennent vie pour une raison X. La force maléfique qui les habite essaie de prendre le contrôle de l’esprit de Mr Dupont afin de pouvoir agir à travers lui. Mr dupont va t-il parvenir à échapper à ses chaussettes? Va t-il réussir à conjurer le sort? Ou bien va t-il devenir leur marionnette? »

Bon, en principe c’est un peu plus long quand même, un poil plus développé. Personnellement, cet exercice m’a permis de enfin trouver une idée à peu près originale! Je suis sortie de mon blocage, plus je trouvais de solutions plus j’en avais, et forcément LA bonne idée finit par arriver. Dans mon cas, LA bonne idée est née de l’association de deux autres bonnes idées 😛

2. Parmi toutes ces idées, mettre de côté celles qui déplaisent et celles que l’on ne se sent pas capable de traiter (parce que on est pas à l’aise avec certains aspects ou parce qu’on a un manque de connaissances par exemple). Garder en somme les meilleures, et en dérouler le fil. Cela est vraiment un très bon exercice, il m’a été très utile. Le but est de voir où chacune de ces idées peuvent nous mener, et ainsi on se rend compte très vite de leur potentiel autant que de leurs limites! Il s’agit de réfléchir au schéma narratif de l’histoire, son squelette en somme (ce qui ne veut pas dire que l’on devra raconter l’histoire dans cet ordre):

– la situation initiale

– l’élément déclencheur, qui amène au but, à la quête du héros, le problème principal qu’il doit résoudre

– les péripéties: les difficultés qu’il va rencontrer en essayant de résoudre le problème, les obstacles, retournements de situations etc.

– l’élément de résolution

– le dénouement

Pour bien voir le potentiel et les limites d’une idée, faire ce travail au préalable est très utile.  On peut noter plusieurs possibilités à chaque étape, d’ailleurs à mon avis plus il y en a plus l’histoire à de potentiel, plus il sera possible de s’écarter du chemin qu’on avait tracé au départ, et  finalement, l’histoire n’en sera que plus amusante à écrire car elle n’est pas figée! Et en principe, l’écrivain aime bien cette liberté, cette possibilité de voir naître sous sa plume l’histoire au fur et à mesure qu’il l’écrit, ce plaisir de ne pas tout savoir à l’avance… personnellement, je me suis laissée la fin libre, je ne veut pas avoir fini l’histoire dans ma tête avant de l’avoir écrite, je veux me laisser cette liberté et ce plaisir, même si je sais qu’ il n’y a pas non plus 50 fins possibles… Mais à chacun ses préférences et sa façon de faire!

3. Une fois que l’on a fait son choix, qui se veut éclairé celui là, eh bien il reste à faire un plan plus détaillé, plus approfondi, des grandes lignes de l’histoire. En ce qui me concerne j’avais suffisamment détaillé la première fois et comme je ne veux pas me gâcher le plaisir d’écrire je ne souhaite pas faire un plan qui soit trop développé. J’ai défini les grandes lignes et un spectre de possibilités au sein duquel je veux me laisser la place pour l’improvisation… je me contente de ça mais encore une fois chacun fait comme il le sent. Seulement je pense que quand on fait le même choix que moi, il faudra compléter le plan au fur et à mesure que l’histoire avance avec les choix que l’on a fait, histoire de rester cohérent, des fois on peut oublier… en tout cas c’est mon conseil et je compte bien me l’appliquer à moi même 😉

4. Faire des fiches personnages. Tous les écrivains le disent, les personnages sont absolument essentiels dans une histoire. Le personnage principal en particulier. C’est lui qui va porter l’histoire, c’est en fonction de sa personnalité et de son histoire que les problèmes vont se poser à lui, qu’il réagira de telle ou telle façon, etc etc. Il ne faut donc pas le rater, il doit vous être familier, vous devez le connaître comme votre poche, et pour cela il faut lui avoir donné vie avant de le faire s’animer dans votre roman. Cette erreur là est la seule que je n’ai jamais faite, je me suis toujours appliquée à faire des fiches pour mes personnages principaux. Mais je trouve qu’elles n’étaient pas assez détaillées et je les ai étoffées:

Données de base: nom complet, âge, date de naissance, sa profession etc.

Ses caractéristiques physiques : taille, silhouette, cheveux, yeux etc. Penser à noter un signe particulier s’il en a, quelque chose qui le rend plus unique (cicatrice quelque part par exemple)

Son histoire: où et quand il est né, qui sont ses parents, son enfance, évènements importants de sa vie etc. Ca aussi va déterminer en partie sa personnalité.

Sa personnalité: ses qualités/défauts, ses traits de caractères, ses habitudes/tics/manies, sa vision de monde etc.

Ses goûts: ce qu’il aime/aime pas, son genre de musique/films/livres , son plat préféré etc.

Ses relations avec les autres: avec sa famille, qui sont ses amis, sa vie amoureuse, quel genre de personnes l’attire/le rebute, ses rapports avec d’autres persos du roman etc.

Autres: tout autre détail qui vous vient à l’esprit

Bien sûr il faudra penser à mettre cette fiche à jour en cas de changements, histoire de ne pas s’emmêler les pinceaux stylos!

5. Une fois que tout ça est fait, en principe, on est bien armé pour commencer son roman et on prend moins le risque de devoir tout recommencer dans deux mois 😉 Le secret à partir de maintenant (mais même avant je crois), c’est de surtout garder une régularité, et de ne jamais laisser trop de temps s’écouler entre la dernière fois où l’on a écrit et le jour où l’on s’y remet. L’idéal est bien sûr d‘écrire tous les jours, même si c’est juste un paragraphe. En ce qui me concerne, venant aujourd’hui d’arriver au bout de toutes ces étapes, je ne vais pas encore immédiatement me mettre à écrire. Comme je n’ai pas fait un plan détaillé , je vais bien réfléchir d’abord à ce que je vais dire dans ma première partie et prendre quelques notes, histoire de savoir dans quelle direction je veux mener mes (futurs- espérons le) lecteurs!

Pour conclure, je dirais simplement que dans mon cas, cette méthode m’a énormément aidée.  Comme je suis de nature passionnée, je m’enthousiasme assez vite et puis je pars dans tous les sens. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi mais pour être efficace j’ai besoin de me fixer des étapes, et de m’imposer une structure de travail, une méthode. De me discipliner en somme! Je remercie tous les écrivains qui ont partagé leurs méthodes et donné des conseils sur internet pour les gens comme moi qui veulent écrire leur premier roman, ils sont précieux. Bien sûr, on en prend et on en laisse, on adapte à sa personnalité, ses préférences, chacun fait sa sauce avec. J’ai fait la mienne, à vous de faire la vôtre 😉

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Est-il possible d’être original?

Quand on veut écrire un roman, forcément, on veut être original. A quoi bon écrire quelque chose que quelqu’un d’autre à déjà écrit? En plus, ça s’appelle tout simplement du plagiat, et ça, c’est mal. Alors forcément, on cherche une idée originale, nouvelle, quelque chose d’inédit. Et souvent, on croit la trouver.

Oui mais, tous les auteurs vous le dirons, depuis le temps que l’homme pense, invente, raconte des histoires et écrit, il n’y a plus beaucoup de place pour la nouveauté. Qu’on se le dise: on est rarement le seul à avoir une même idée, et on est encore plus rarement le premier à l’avoir. J’irai même encore plus loin en disant que selon moi, l’originalité n’existe pas. Et je ne suis sans doute pas la seule à voir eu cette idée. Peut être même que quelqu’un a écrit un livre sur ça 😉

Si on regarde sur le wikitionnaire, au mot « original » en tant qu’adjectif on trouve les définitions suivantes:

-Qui n’a pas été fait d’après un modèle

– Qui paraît inventé, imaginé sans aucun souvenir qui précède.

– Qui écrivent, qui travaillent d’une manière neuve, non empruntée, non imitée, en parlant d’une personne.

Quand on y réfléchit, il parait peu probable qu’une telle chose existe. Que peut-on bien créer sans « souvenir qui précède »? Peut-on vraiment créer quelque chose à partir de rien? Il semble que ce soit là la définition même de Dieu, où en tout cas un de ces caractères essentiels, celui de pouvoir créer à partir du néant.  Personne ne peut dire comment le Tout peut émerger du Néant. Ni même comment quelque chose peut en sortir. C’est là tout le mystère de l’Univers. Alors autant dire que vouloir être vraiment original relève de l’impossible, je crois 😛

D’ailleurs, ne dit-on pas qu’à l’essence même de la création il y a ce qu’on appelle l’inspiration? L’inspiration signifiant « avoir Dieu en soi », d’ailleurs. Mais comme on peut douter que ce soit Dieu qui nous souffle les bonnes idées, d’où alors nous viennent-elles? Il n’y a qu’une seule réponse possible: de ce que l’on connait. Ce qui nous entoure, la nature, les autres hommes, son propre vécu et celui des autres, ses propres émotions et celles des autres… Parfois consciemment et souvent inconsciemment, on créé du nouveau à partir de ce qui existe déjà. C’est nouveau, mais ce n’est pas « original ». A mon avis, les seules idées soit disant « originales » qu’il reste doivent être les plus mauvaises 😀 Il faut voir jusqu’où certains sont prêts à aller dans leur quête impossible de l’originalité!

I look stupid but at least I’m original

Je tournais une scène de bondage et j’ai pas eu le temps de me changer

A tel point que la vraie « originalité » aujourd’hui serait de ne pas chercher à l’être, m’enfin. En tout cas cette réflexion s’applique très bien au domaine de l’écriture. Si l’on résumait tous les romans en 3 lignes, on verrait bien qu’il n’y a pas grand chose qui les différencie. Il n’y a pas 36 000 façons d’inventer une histoire. On l’apprend même à l’école, pour avoir une histoire il faut:

– un personnage principal (ou plusieurs)

– un point de départ

– un élément déclencheur

– une quête ou objectif

– des péripéties

– un dénouement

Il faut bien qu’il y ai des problèmes, des contradictions, que quelque chose se passe, sinon c’est pas une histoire, et on en fait pas un roman, sinon ça n’intéresse personne. Je ne dis pas que l’on ne peut pas faire autrement, mais si on veut raconter une histoire, il n’y a pas d’histoire avec un début un milieu et une fin sans ces éléments. Ca c’est le noyau dur. Ensuite si on prend le style policier, on aura un criminel, un enquêteur, des crimes. Si on prend un roman d’amour il y aura une rencontre et des déchirements. Si on prend une histoire fantastique/sci-fi de super héros, on aura un super héros, des pouvoirs spécifiques, quelque chose à protéger et forcément, un méchant.  Cela ne signifie pas qu’on ne peut pas être « original dans le sens d’apporter du nouveau, c’est pas ça le problème. De Moïse à Spider Man, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de changement! 😉 Mais c’est cela, j’ai l’impression : on ne peut faire que des variations d’une même chose. C’est différent, c’est unique, mais jamais original. La nouveauté sera dans le style, dans la combinaison d’éléments qu’on avait jamais combinés, dans la façon de raconter l’histoire, dans les traits d’un personnage, dans l’ambiance, dans le choix du point de vue, dans… une variété de choses.

Si je parle de tout cela, c’est parce que pour la énième fois, je reprends mon roman depuis le début. Mais vraiment depuis le point de départ: la trame, en quelques lignes, de l’histoire. Autour de mon problème, de ce que je veux chercher à montrer, j’ai réfléchi pendant des heures à ce que je pourrai bien concevoir comme histoire. La toute première fois que j’ai imaginé « cette » histoire il y a quelques années, j’ai réalisé plus tard que j’étais en train de faire un remake du livre « Le meilleur des mondes » de Huxley. Je ne l’avais jamais lu, je ne connaissais même pas son existence à l’époque. Donc il a fallu tout revoir et puis de toute façon, avec le temps, j’avais complètement changé d’idée. Puis j’ai davantage réfléchi à ma société idéale et à comment faire pour la décrire à travers mon roman, à tel point que je n’avais plus vraiment d’histoire à raconter. Seulement un setting. Autant écrire un essai! A cause de ça j’ai longtemps été bloquée. Voulant à tout prix décrire ma société idéale, je ne savais comment en faire une histoire, parce que pour avoir une histoire il faut un problème, or ma société idéale étant idéale, il ne pouvait pas y avoir de problème 😛  Je ne pouvais me résoudre à l’égratigner. Et aujourd’hui, je me suis débloquée, en reprenant tout depuis le début, un me posant devant mon ordi et en me demandant: mais comment puis-je raconter une histoire autour de cette société idéale sans égratigner l’idéalité de cette société?? Et je me suis lancée, et j’ai trouvé quatre histoires possibles différentes. Toutes terriblement banales dans le fond. Banales parce que des histoires de missions secrètes machiavéliques ça a été mille fois traité, des histoires d’esprits transférés dans d’autres corps aussi, des histoires d’extraterrestre qui débarque sur terre aussi, des histoires d’extraterrestre qui débarque sur terre, qui est physiquement humain et que l’on enferme dans un asile psychiatrique parce qu’on pense qu’il est fou, c’est rien de moins que le scénario de K-Pax. Film que j’adore d’ailleurs, je vous le recommande au passage. Et je n’ai pas fais exprès de réécrire K-pax non plus. En raison du profil même de mon personnage, il ne pouvait pas se passer autre chose s’il débarquait par un mauvais hasard sur terre! J’étais désespérée.

Et puis bon, j’ai beau chercher, je ne trouve pas l’idée du siècle, que dis-je du millénaire! Je ne trouve pas l’idée qui n’a jamais, jamais, été traitée d’une façon ou d’une autre. Je n’arrive pas à être originale. C’est ainsi que je me demande pourquoi je ne peux pas être originale. Et c’est ainsi que cet article est né 😉

Et je me rassure comme j’ai tenté de le faire ici, en me disant que la trame de l’histoire ne sera peut-être pas fondamentalement originale et que temps pis. Je vais quand même éviter de faire un remake d’un autre roman, bien entendu, même si j’aurai adoré écrire K-Pax 😉  D’ailleurs, je l’avais écrit, ça n’aurait pas du tout été pareil, même si la trame de l’histoire aurai été similaire en tout points. J’apporterai quelque chose de nouveau à travers ma façon de vous raconter mon histoire. A travers mes personnages aussi. A travers tout ce qui peut être plus ou moins unique. Autant que possible, j’essaierai!

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Lettre aux éditeurs, ce qu’il ne faut pas faire

Voici un article du site « Comment écrire un roman » qui m’a bien amusée et j’ai envie de le partager avec vous ici 😉

 

Lettre aux éditeurs, ce qu’il ne faut pas faire II

Evitez de vous dévaloriser.

 

Cher Monsieur,

 

Titulaire d’un BTS en action commerciale, je me lance aujourd’hui dans le roman. Dans ce cadre, j’ai écrit une sorte d’histoire intitulée « La médiocrité pour étendard » dont les grandes lignes, je ne vous le cache pas, empruntent quelque peu le déroulé de ma modeste et fastidieuse existence.

C’est en toute humilité que je soumets aujourd’hui mon manuscrit à votre approbation, même si je sais, au fond de moi, que ça ne vaut pas grand-chose.

Si, par le plus grand des hasards, vous arriviez au terme de mon manuscrit, vous constaterez que l’histoire se termine de façon un peu abrupte. C’est tout simplement que je ne savais plus quoi raconter. Je dois avouer que l’imagination n’est pas mon fort J’ai également un peu de mal avec la psychologie des personnages et les descriptions de lieu, mais vous vous en rendrez sans doute compte par vous-même.

 

Dans l’attente de votre lettre de refus, je vous prie, etc.

 

<signature illisible>

 

Lettre aux éditeurs, ce qu'il ne faut pas faire II

J’ai oublié de vous dire : j’ai été éliminé en quart de finale
du concours départemental d’accordéon de la Nièvre en 2010

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Turpitudes

 

Parfois, il m’arrive de perdre le contrôle. Parfois, je me sens comme l’esclave de moi même, victime de mon propre bourreau, incapable. Je ne ressens plus les émotions, je suis les émotions. Elles m’enveloppent et m’étouffent. Elles orchestrent. Elles pensent. Amantes dominatrices et schizophrènes, tout à la fois furibondes et doucereuses, elles mènent la danse jusqu’à l’ahurissement. Et me laissent là, prise de vertige, à quatre pattes, incapable de marcher, hébétée.

 

 

 

Ca m’est arrivé il y a quelques temps, ça m’arrivera encore certainement, et je maudits ces moments du plus profond de moi même. Je ne dors plus, je ne puis être apaisée, je suis comme saisie de stupeur. Je m’émerveille autant que je hais, j’admire autant que je méprise, tout en extrêmes… Souvent, ça commence par un choc, une blessure, une vexation… pas besoin de grand chose en somme. Et puis je pars. J’ai souvent pensé que j’étais folle, ou en tout cas, pas loin de l’être, et dans ces moments là je ne vois plus la frontière… sans doute parce que j’en suis trop près. Il y a sur ce blog, pas mal d’articles qui témoignent plus ou moins bien de ces états que je peux parfois traverser. On peut y lire la haine, le dégoût, la misère, la détresse autant que l’amour, le rêve, l’espoir… Mais en fait on y trouve surtout la haine, le dégoût, la misère et le désespoir 😀 Oui parce que comme beaucoup, l’écriture et le blog sont autant d’exutoires et bien entendu, on « exute » quand ça va mal.

Pourquoi je vous dit ça… peut être comme pour m’excuser d’une certaine façon, de vous éclabousser de ma boue intérieure, de vous exposer aussi abruptement ma face noire… Et en même temps, si je maudits mes émotions intenses, si je regrette parfois mes emportements intérieurs, je ne regrette pas ce que j’ai pu dire.  Tout simplement parce que ce qui est posé là est le reflet de ce que j’ai été à un moment donné, de ce que j’ai ressenti et pensé, et ce fut vrai en cet instant. Ce fut sincère. Je ne peux pas le renier.

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Les cons

Aaaaah, les cons… tout le monde s’est déjà un jour cogné contre plus con que lui. Pour la plupart des gens, c’est pas très grave, ils savent qu’ils n’y pourront rien changer et puis bon, ils passent à autre chose. Quand un con rencontre plus con que lui, quelque part ça doit même le flatter. Pour moi, c’est tout simplement insupportable. Je HAIS les cons. Vraiment. Profondément. J’ai d’ailleurs au cours de mon existence appris à soigneusement les éviter, et quand je ne peux pas les éviter, alors je me tais, vous savez, je dis « oui oui » en me forçant à sourire. Je prétends que je m’en fout, que j’ai rien à dire sur le sujet. Que ça me passe au dessus de la tête. En principe je reconnais vite un con, je sais quand me taire, je sais quand c’est inutile de lutter, quand ça ne vaut pas la peine de se battre parce que l’issue est connue d’avance. Mais des fois, il faut croire que j’ai besoin d’une piqûre de rappel.

Parce qu’un con, ça ne changera pas d’avis. Tu peux lui prouver par A+B qu’il a tord, le con s’en fiche. Et il en est fier.

Un con, c’est vraiment con.

Dire que je l’avais presque oublié.

Mais parce que je suis une personne profondément aimable et que je déteste blesser les gens, je suis quand même gentille avec les cons. D’ailleurs, parce que la définition de « con » est vague, parce que concrètement, la majorité des gens pourraient rentrer dans cette catégorie, (une amie me disait  justement « on est tous le con de quelqu’un d’autre ») et parce que comme je disais, je n’aime pas vexer les gens, j’ai soigneusement délimité la catégorie de « con » à un profil type bien précis. Parce que il y a aussi ces gens que l’on dit « simples d’esprit », qui sont des gens pas très cultivés mais sans pour autant être bêtes (car ce sont deux choses différentes nespâ).  Les simples d’esprit (j’ai décidé que ça serait leur catégorie) ne sont pas des cons, parce qu’ils reconnaissent eux, leur ignorance. Parce que eux, ils sont modestes. Parce que eux, ils veulent bien apprendre, ils veulent bien discuter, ils veulent bien admettre quand ils se trompent, ou en tout cas ils veulent bien respecter la parole de ceux avec lesquels ils ne sont pourtant pas d’accord. Les simples d’esprit ne se prennent pas la tête et surtout, ils ne vous prennent pas la votre. Il y en a même beaucoup qui sont super sympas, et dont on sent bien que s’ils l’avaient voulu ou s’ils l’avaient pu, ils auraient pu aller très loin. Pour moi, être simple d’esprit c’est quasiment une faculté. Que j’admire d’ailleurs.

Vraiment, un con, c’est autre chose. C’est pas une question de culture, ni de curiosité, ni d’éducation. C’est une question de disposition mentale, ça se passe sur le plan cérébral. Le con est fortement limité à ce niveau, mais fort heureusement pour lui, et malheureusement pour tous les autres, il n’en a pas conscience, justement du fait de sa limitation.

Le con, c’est cet abruti fini qui se noie dans sa connerie mais que quand tu essaies de l’en sortir, il t’engueule.

Le con, c’est cet abruti convaincu d’avoir raison même s’il n’a pas d’arguments. Et qui en plus le crie haut et fort.

Le con, c’est cet abruti à qui tu vas gentillement expliquer qu’il se trompe, en pensant naïvement qu’il sera content d’apprendre quelque chose et d’avancer dans ses idées, et qui finalement persiste dans sa bêtise et comme si ça ne suffisait pas, t’insulte.

Le con, c’est cet abruti qui ne sait pas qu’il l ‘est mais qui est fier de l’être quand même. Je crois que c’est surtout ça qui m’emmerde. Le fait qu’il soit fier. C’est tellement… con.

Le con, c’est celui qui est incapable d’échanger avec quelqu’un qui ne pense pas comme lui, parce que, pense t-il, il a raison et tous les autres ont tord. Même s’ils ont raison. Même s’ils le lui prouvent. Même si lui même ne sait pas dire pourquoi il pense qu’il a raison. Car à quoi bon argumenter pense t-il, puisqu’il a raison. Il n y a que les faibles qui ont besoin de réfléchir. Et ça ne le dérange pas, le con. Son monde est bâti sur des fondations d’incohérences et de non-sens, ce n’est donc pas un de plus ou un de moins qui le fera s’effondrer. Oula, point du tout. Ca risquerait même de le rendre plus fort. La contradiction ne fait pas peur au con, elle ne le fait pas même sourciller. Au contraire, plus tu montres au con qu’il est con, plus il devient con.

Voilà ce que j’appelle un CON. Cette espèce qui si elle était en voie de disparition (si seulement!) il ne faudrait surtout pas la préserver. Fuck la diversité biologique, vive la sélection naturelle, au diable les cons!

Cette « image » m’a bien fait rire 😉

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